Depuis sa création, la marque Orangina fait partie de celles qui osent, quitte à choquer le public. Qu’on les aime ou non, les publicités font parler d’elles. Après la polémique des égéries anthropomorphiques, Orangina a surement tenté de calmer le malaise en optant pour une valeur sûre des tendances actuelles: l’humour et les podcasteurs  stars!

orangina-the-videostars-L-HV7P_e
Orangina, en quelques mots, c’est une boisson pétillante et rafraîchissante, à la pulpe et au jus d’orange, dans une petite bouteille à la surface granulée dont la forme arrondie rappelle celle du fruit. Née en 1936 et maintes fois rachetée par diverses companies, sa particularité et son succès sont principalement les résultats d’un goût prononcé pour l’innovation et l’avant-garde. En effet, la marque n’hésitera jamais a bouleverser les codes en étant par exemple la première à lancer la vente en pack six-bouteilles en verre perdu (1968),  le conditionnement cannette 33cl en France (1976) et  le « light » , boisson aux édulcorants (1988).

Par ailleurs, la marque s’imposera notamment sur le plan marketing. Elle fait d’un défaut (la pulpe ayant tendance à créer un dépôt dans le fond) un atout et son slogan devenu culte: "Il faut secouer sinon la pulpe, elle reste en bas" . Elle collabore avec plusieurs personnalités pour élaborer ses publicités. Ainsi, Jean-Jacques Annaud réalise l’un des premiers spots (Le Tic du Barman, 1972), Michel Berger s’occupe de la musique, Jean-Paul Goude signe un nouveau film (La Piscine , 1984), Alain Chabat également (1994), et Jamel Debbouze en guest (2003) et c’est à partir de ce moment qu’Orangina commencera à s’orienter vers l’humour.

Aperçu de l’ensemble des spots publicitaires via l’émission Culture Pub:

Culture Pub - Orangina


Jamel Debbouze entre le bien et le mal

On se souvient de cette fameuse publicité où une bouteille d’Orangina rouge (sanguine) armée d’une tronçonneuse, terrorise une bande de jeunes dans un bois en pleine nuit. Façon parodie de films d’horreur, très en vogue à la fin des années 90, elle devient culte avec cette réplique: "Mais pourquoi est-il si méchant ?",  "PARCE QUEEEEEE!!".  On doit ce film intitulé La Bûche de Noël à Johan Camitz (1997).


Le camping de la peur / Orangina.

Près de 10 ans plus tard, la marque a un peu délaissé le côté sympathique et rigolo qu’elle véhiculait jusqu’alors pour passer à un registre beaucoup plus subversif et évocateur. Le nouveau slogan « naturellement pulpeuse », laisse place à de nouvelles égéries: des animaux  en images de synthèse qui se déhanchent en maillot de bain, qui dansent et s’aspergent avec la boisson de manière très suggestive. Ce n’est que le début d’une longue série de publicités sur ce thème car depuis 2008, Orangina est représentée en France par ces animaux sexualisés. Ces spots créent la polémique auprès des associations de la protection enfantine, des lobbys féministes et du grand public de manière générale. L’opinion est partagée mais encore une fois, Orangina crée le buzz et les ventes se portent toujours aussi bien.

Pub Orangina Cowboy

 

Cependant, la marque s’est encore illustrée de manière inattendue depuis quelques semaines, s’entourant d’humoristes et de « podcasteurs » vedettes comme Max Boublil, Hugo tout seul10 minutes à perdre, Kevin Razy, PV Nova, etc. Un retour aux sources peut-être qui n’est cela dit présent que sur internet pour le moment, là où ces icônes du web sont suivies. Pour collaborer avec ces stars du net, Orangina s’est invitée chez elles ou dans leurs vidéos de façon subliminale, voir subliminable puisque l’omniprésence de la boisson dans les podcasts façon sponsor abusif, fait se poser la question suivante: est-ce ironique ? On le suppose étant donné que sur la chaîne éponyme de Youtube, la marque titre ainsi: « Orangina s’invite chez les vidéostars et vous dévoile leurs secrets ». Ca pour s’inviter… elle s’invite! A vous de juger!

 


Max Boublil - Prête-moi ta meuf

Retrouvez l'ensemble des vidéo sur Youtube en cliquant ICI!

Marion Ferré Defossé