Comme vous le savez déjà, Fais-moi rire suit assidûment la série Bref qui cartonne (et ça reste un euphémisme) depuis sa première diffusion fin août sur Canal+. Après l’interview de Bérengère Krief, alias Marla « le plan cul régulier », le reportage sur Navo pour le lancement du tome 3 de La Bande Pas Dessinée et enfin Baptiste Lecaplain, le coloc de Kyan, c’est maintenant au tour d’Eric Reynaud-fourton, le « papa bref », de passer l’interrogatoire! Interview:

Fais-moi rire: Parlons de ce dont tout le monde parle pour commencer: Bref! Vous interprétez le père de Kyan Khojandi, ou plutôt celui de son personnage. Est-ce que l’on vous aborde désormais dans la rue pour vous parler de la série et comment accueilllez-vous cette soudaine notoriété?

Eric: Bref, c’est un vrai bonheur. A propos de la série, j’avais trouvé un slogan dés les premières diffusions : « Bref, la série qui met un pied dans le culte ! » et cela se confirme. Grâce à internet, les gens se repassent tellement de fois les épisodes qu’ils enregistrent tous les détails. Du coup, chaque personnage est passé à la loupe ce qui fait qu’on nous reconnaît dans la rue. C’est soit : "Il m’a regardé, je l’ai regardé, il m’a regardé, bref, on s’est compris" Soit  "Ah mais vous seriez pas le "Papa Bref" !" Alors, quand on vous reconnaît avec un grand sourire, cela fait toujours plaisir!

on-se-calme-et-on-boit--2-gFMR: Je parlais de « soudaine notoriété » mais vous n’êtes tout de même pas un petit nouveau du paysage audiovisuel puisque vous avez déjà tourné en tant que comédien notamment dans les films   "On se Calme…et on boit frais à Saint-Tropez "(1984 – Max Pécas) et "Le secret du petit milliard" (1992 – Pierre Tchernia).Quel est votre sentiment concernant votre parcours?

Eric: J’ai un parcours assez atypique puisque j’ai fait des études de droit (assez brèves) pour rejoindre ensuite Michel Galabru avec qui j’ai travaillé une bonne dizaine d’années dans les plus grands théâtres. J’ai fait un peu de cinéma, j’ai été scénariste puis réalisateur puis producteur… puis chômeur ! Et un jour, j’ai eu besoin de comprendre ce qui se passait de l’autre coté du miroir, chez les gens "normaux", ceux qui se lèvent tous les matins pour aller travailler. Alors j’ai passé un diplôme et je me suis lancé dans la finance… A un moment, je me suis retrouvé responsable d’analyse technique dans une société de gestion de bourse. Et là, tout le monde me conseillait de refaire du théâtre ! Alors, petit à petit, je suis revenu dans mon univers, vers ce qui me plaît le plus : l’artistique.

FMR: Il semblerait que le choix du casting de BREF soit pour une majorité des acteurs un choix effectué par affinités. Il n’est donc pas étonnant de vous y retrouver puisque vous entretenez de bonnes relations avec Kyan et Navo depuis quelques temps déjà. Est-ce que cela à commencé à l’occasion des scènes ouvertes du Bordel Club au théâtre Montmartre Galabru dont vous êtes le directeur?


bordel clubEric: Lorsque j’ai repris le Théâtre Montmartre-Galabru, il fallait absolument que je rattrape très vite mon retard sur toute la nouvelle génération. Une nuit d’insomnie, j’allume la télé et en zappant vers 4 h du matin, je tombe sur qui ? Sur Kyan Khojandi qui faisait un sketch sur France 4. Et là, j’ai vu un vrai show man. De la gestuelle, au rythme, à la voix, il dégageait une véritable énergie! Bref, je voyais un véritable artiste! Peu de temps après, je vois sa tête passer devant mon bureau au théâtre et comme il n’avait pas de théâtre pour jouer, je lui ai proposé le mien. Ca s’est fait simplement. Petit à petit toute la bande a rappliqué : Kheiron, Bun Hay, Navo. Il faut savoir qu’ils m’ont d’abord proposé de « mettre en pièces le théâtre Montmartre Galabru » avant de créer le « Bordel Club » ! Bon j’avoue avoir été aussi tiède qu’ils étaient chauds concernant le choix des titres de leurs spectacles. Mais ils ont su créer avec talent, au fil des représentations, leur espace de travail: leur « laboratoire ». On a même assisté au « dépucelage » de Navo en interprétant ses propres sketchs sur scène ! Alors oui, ce genre d’aventure crée des liens très fort et le fait qu’ils m’ont entraîné dans l’aventure de BREF est une belle reconnaissance.

FMR: Le Bordel Club, parlons-en. Lundi dernier, le 10 octobre à 21h30, se tenait la première depuis l’arrêt estival. Le public d’habitués et de nouveaux intrigués a t-il été au rendez-vous?

bordeltroupeEric: Ce fut une belle rentrée: la salle était pleine à craquer. Kyan et Navo étaient à fond sur "Bref". C’est Seb Mellia qui s’occupe maintenant de gérer le « Bordel ». Il y avait Shirley Souagnon, Farid Chamekh, Lenny, Dan Naturman, Mohammed Nouar… Ce qui fait plaisir c’est qu’il y a de plus en plus de nouveaux spectateurs qui se mêlent aux inconditionnels.

FMR: Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans ce théâtre?

Eric: Un coup de folie ! J’étais en tournée avec Michel Galabru, et l’idée a germé d’un coup sur l’autoroute. J’ai eu deux flashes. Celui de la gendarmerie et celui du théâtre. Le premier m’a valu des points en moins et le deuxième des cernes en plus. Mais je ne regrette rien. C’est une belle aventure qui s’écrit au jour le jour. Quel bonheur de voir des talents comme Kyan et Navo sur Canal +, Constance avec Ruquier surFrance 2, Caroline Loeb, Clémence Massart qui joue actuellement jusqu’à fin décembre « L’asticot de Shakespeare » mis en scène par Philippe Caubère. Même s’ils sont tous différents, ils se retrouvent tous dans leur exigence et leur volonté de satisfaire le public. C’est un privilège de vivre ça de l’intérieur.

comedy stripFMR: N’avez-vous pas peur que le Comedy Strip, autre scène ouverte de la capitale qui est née ce mois-ci au Théâtre de Dix Heures et dont le rendez-vous hebdo est fixé au même jour et même horaire ne vous fasse de la concurrence?

Eric: Non, au contraire. Toute concurrence est saine. Et puis, entre les artistes du « Comedy Strip » et ceux du « Bordel Club », les liens d’amitiés sont très forts ! C’est la même famille. En comptant bien, ces deux scènes ouvertes réunies correspondent à une salle de 250 places pour un plateau d’une quinzaine d’artistes… Alors à mon avis il n’ y a pas matière à se faire la guerre ! Maintenant, le Bordel Club va continuer le concept de « laboratoire de la vanne » tous les 15 jours avec je l’espère de nouvelles découvertes. En attendant, Nadia Roz, et bientôt Greg Romano (mis en scène par Kyan) jouent leur spectacle au théâtre… Venez les encourager !

FMR: Quels sont vos projets?

Eric: Pour l’instant ma priorité c’est de continuer à faire évoluer le théâtre et de trouver des partenaires afin de propulser de nouveaux talents. Puis, pourquoi pas reprendre mon métier de base : comédien. Je dois avouer que le tournage de « Bref » m’a redonné envie de jouer !

FMR: Merci beaucoup Eric!

Vous pourrez donc le retrouver ponctuellement dans Bref, sur Canal+ (Le Grand Journal), 20h30

Et lui rendre visite et/ou assister aux spectacles proposés par le Théatre Montmartre Galabru , 4 rue de l’Armée d’Orient 75018, Paris.

 

Propos recueillis par Marion Ferré Defossé